Aller au contenu
Céline Jaulin-DauphinéAvocat · Médiateur

Protection

Violences conjugales : être protégé, vite.

Si vous êtes en danger, votre sécurité passe avant tout le reste : appelez le 17. Ensuite, la loi prévoit une procédure rapide pour vous protéger, vous et vos enfants, sans attendre l’issue d’une plainte ou d’un divorce.

Par Maître Céline Jaulin-Dauphiné, avocatMis à jour le 4 novembre 20262 min de lecture

I.En cas d’urgence

Les numéros à connaître
NuméroPour quoi
17Police secours, en cas de danger immédiat
114Par SMS, si vous ne pouvez pas parler
112Numéro d’urgence européen
3919Violences Femmes Info : écoute et orientation, gratuit, anonyme, 24 h sur 24
119Enfance en danger

Le site officiel arretonslesviolences.gouv.fr permet aussi de signaler des violences en ligne, par tchat avec un policier ou un gendarme formé.

II.L’ordonnance de protection

Le juge aux affaires familiales peut délivrer une ordonnance de protection lorsqu’il existe des raisons sérieuses de considérer comme vraisemblables les violences alléguées et le danger auquel la victime ou les enfants sont exposés. Aucune plainte préalable n’est exigée.

Le juge statue dans un délai de six jours à compter de la fixation de la date d’audience. Les mesures prononcées s’appliquent pour une durée maximale de douze mois, et peuvent être prolongées si une procédure de divorce ou relative à l’autorité parentale est engagée.

Depuis 2024, lorsque le danger est grave et immédiat, le procureur de la République peut en outre demander au juge une ordonnance provisoire de protection immédiate, rendue dans les vingt-quatre heures.

III.Les mesures possibles

  • l’interdiction pour l’auteur des violences d’entrer en contact avec la victime et les enfants, et de se rendre dans certains lieux ;
  • l’attribution du logement à la victime et l’éviction de l’auteur des violences ;
  • l’interdiction de détenir une arme ;
  • le port d’un bracelet anti-rapprochement, avec l’accord des deux parties ou, à défaut, en saisissant le procureur ;
  • des mesures sur l’exercice de l’autorité parentale, la résidence des enfants et le droit de visite, le cas échéant dans un espace de rencontre ;
  • l’autorisation de dissimuler sa nouvelle adresse ;
  • la contribution aux charges du mariage ou à l’entretien des enfants.

IV.Rassembler des éléments

Sans vous mettre en danger, conservez ce qui peut établir les violences : certificats médicaux (le médecin peut constater les lésions et le retentissement psychologique), photographies, messages reçus, attestations de proches, mains courantes et plaintes. Gardez si possible des copies chez une personne de confiance ou dans un espace numérique sécurisé.

La médiation et les modes amiables ne sont pas adaptés en présence de violences. Dans ces situations, le cabinet agit devant le juge, avec la fermeté et la rapidité nécessaires. L’aide juridictionnelle peut être accordée à titre provisoire, sans attendre l’examen de votre dossier.

Vos questions

Faut-il avoir porté plainte pour obtenir une ordonnance de protection ?

Non. Depuis 2019, la délivrance de l’ordonnance de protection n’est pas conditionnée à l’existence d’une plainte pénale préalable.

Combien de temps dure une ordonnance de protection ?

Les mesures sont prononcées pour une durée maximale de douze mois. Elles peuvent être prolongées si, pendant ce délai, une demande en divorce ou relative à l’exercice de l’autorité parentale est déposée.

Peut-on obtenir une ordonnance de protection sans être marié ?

Oui. Elle concerne les violences au sein du couple, que les personnes soient mariées, pacsées ou en concubinage, cohabitent ou non, et les violences commises par un ancien conjoint, partenaire ou concubin.

Venez comme vous êtes. Nous commencerons par vous écouter.

Un premier rendez-vous au cabinet, rue de Londres, pour comprendre votre situation, éclairer vos droits et choisir ensemble le chemin le plus juste.