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Céline Jaulin-DauphinéAvocat · Médiateur

Divorce

Le divorce judiciaire, quand l’accord ne suffit pas.

Lorsque les époux ne parviennent pas à s’accorder sur tout, ou que l’un refuse de divorcer, le juge aux affaires familiales prend le relais. La procédure a été profondément simplifiée en 2021. Elle reste un chemin long, qu’il faut savoir préparer.

Par Maître Céline Jaulin-Dauphiné, avocatMis à jour le 4 novembre 20264 min de lecture

I.Comment se déroule la procédure

Depuis le 1er janvier 2021, le divorce judiciaire se déroule en une seule instance. L’ancienne requête suivie d’une audience de conciliation a disparu.

  1. La demande en divorceVotre avocat saisit le juge aux affaires familiales par une assignation délivrée à votre conjoint, ou par une requête conjointe si vous êtes d’accord pour engager la procédure ensemble. L’acte mentionne la date de la première audience.
  2. L’audience d’orientation et sur mesures provisoiresLe juge organise la suite de la procédure et, si l’un des époux le demande, fixe les mesures provisoires : qui reste dans le logement, résidence des enfants, pensions, sort des dettes.
  3. L’échange des écrituresLes avocats échangent leurs conclusions et leurs pièces, sous le contrôle du juge de la mise en état. C’est la phase la plus longue.
  4. L’audience de plaidoiriesLe dossier est plaidé ou déposé. Le juge met sa décision en délibéré.
  5. Le jugement de divorceLe juge prononce le divorce et statue sur ses conséquences. Le jugement peut faire l’objet d’un appel dans le délai d’un mois à compter de sa signification.

II.Les mesures provisoires

Une procédure de divorce dure souvent plus d’un an. Pendant ce temps, il faut bien vivre. Les mesures provisoires organisent cette période :

  • l’autorisation de résider séparément et l’attribution de la jouissance du logement familial à l’un des époux, à titre gratuit ou moyennant une indemnité d’occupation ;
  • une pension alimentaire au titre du devoir de secours entre époux, qui demeure tant que le divorce n’est pas définitif ;
  • la répartition provisoire du remboursement des dettes, notamment du crédit immobilier ;
  • une provision pour frais d’instance, afin que l’époux sans ressources puisse se défendre ;
  • la résidence des enfants, le droit de visite et d’hébergement, la contribution à leur entretien.

Les mesures provisoires conditionnent souvent le jugement final : le juge hésitera à bouleverser une organisation des enfants qui fonctionne depuis un an. Elles se préparent avec autant de soin que le fond du divorce.

III.Le divorce accepté

Les époux sont d’accord pour divorcer, mais pas encore sur toutes les conséquences. Ils acceptent le principe de la rupture, sans qu’il soit question des raisons de l’échec du mariage. Le juge prononce le divorce et tranche les points restés en désaccord.

Depuis 2021, cette acceptation peut être signée avant même l’engagement de la procédure, par un acte sous signature privée contresigné par les avocats des deux époux. Une fois donnée, l’acceptation est irrévocable, même par la voie de l’appel.

C’est une voie précieuse : elle évite le débat sur les torts, tout en laissant au juge les questions sur lesquelles les époux ne parviennent pas à s’entendre. Rien n’empêche, en cours de route, de régler ces questions par un accord que le juge homologuera.

IV.L’altération définitive du lien conjugal

Ce divorce permet à un époux d’obtenir le divorce même si l’autre s’y oppose, dès lors qu’ils vivent séparés depuis au moins un an. La réforme de 2021 a réduit ce délai, qui était auparavant de deux ans.

Comment le délai est-il apprécié ?

  • si la demande en divorce indique d’emblée ce fondement, la séparation doit avoir duré un an au jour de la demande ;
  • si la demande est introduite sans indiquer de fondement, le délai d’un an s’apprécie au jour du prononcé du divorce. On peut donc engager la procédure avant d’avoir atteint l’année de séparation ;
  • si l’un des époux demande le divorce pour faute et que l’autre forme une demande reconventionnelle pour altération du lien conjugal, le juge, s’il rejette la faute, prononce le divorce pour altération sans condition de délai.

La séparation doit être effective et prouvée : bail ou attestation d’hébergement, factures, courriers, attestations de proches. Vivre sous le même toit « en colocation » ne suffit pas toujours à démontrer la fin de la communauté de vie.

V.Combien de temps ?

Un divorce judiciaire dure le plus souvent entre douze mois et trois ans, selon le degré de conflit, la complexité du patrimoine et l’encombrement du tribunal. Un appel ajoute généralement plus d’un an. Les détails, poste par poste, se trouvent sur la page coût et durée d’un divorce.

À tout moment, les époux peuvent sortir de l’affrontement : en convertissant leur procédure en divorce accepté, en signant un accord homologué par le juge, ou en basculant vers un divorce par consentement mutuel.

Vos questions

Mon conjoint refuse de divorcer : que faire ?

Personne ne peut être contraint de rester marié. Si votre conjoint refuse, le divorce pour altération définitive du lien conjugal vous permet d’obtenir le divorce dès lors que vous vivez séparés depuis au moins un an. En cas de fautes graves de sa part, le divorce pour faute est une autre voie.

Peut-on demander le divorce pour altération du lien conjugal avant un an de séparation ?

Oui, à condition d’introduire la demande sans en indiquer le fondement. Le délai d’un an sera alors apprécié au jour où le juge prononce le divorce.

Qui garde le logement pendant la procédure ?

Le juge statue lors de l’audience d’orientation et sur mesures provisoires. Il tient compte de l’intérêt des enfants, des ressources de chacun et de la propriété du logement. La jouissance peut être accordée gratuitement, au titre du devoir de secours, ou moyennant une indemnité d’occupation.

À partir de quand le divorce produit-il ses effets sur les biens ?

Entre les époux, les effets patrimoniaux du divorce remontent en principe à la date de la demande en divorce. L’un d’eux peut demander au juge de les faire remonter à la date à laquelle ils ont cessé de cohabiter et de collaborer.

Venez comme vous êtes. Nous commencerons par vous écouter.

Un premier rendez-vous au cabinet, rue de Londres, pour comprendre votre situation, éclairer vos droits et choisir ensemble le chemin le plus juste.